La femme célèbre ce 8 mars à travers le monde, la 21eme édition de la journée internationale de la femme. En quête, de l’égalité et de l’émancipation, la femme, son sort continu a animé des débats. Elle se considère toujours comme reléguée au second rang. 

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crédit photo/ MNour

crédit photo/ MNour

La mondialisation quoi qu’allant à vitesse de manière effrénée aux yeux des humains, nous donne l’impression de tourner le regard vers l’Amérique latine avec à la tête de l’Argentine, du Brésil et du Chili: Cristina Fernández, Dilma Rousseff et Michelle Bachelet, en Europe on y trouve la chancelière Angela Merkel en Allemagne, l’honneur est à la présidente Gloria Macapagal-Arroyo aux Philippines et en Afrique, les présidentes Ellen Johnson Sirleaf au Liberia et Catherine Samba-Panza en RCA. Il suffit juste d’observer encore un plus dans nos pays respectifs et on verra des femmes têtes bien pleines placées aux hautes sphères de l’Etat.
Parlant précisément de mon pays, le Tchad  je me permets d’adresser un coup d’œil plein de considération à la femme. Celle dite moderne qui lutte pour la parité et le quota de responsabilité administrative au sein des instances décisionnaires. A celles qui rêvent d’imposer l’idée, d’ailleurs vraies comme : Mariam Mahamat Nour, Bintou Malloum, Ngarbatna Carmel Sou IV Albatoul Zakaria, Kaltouma Nadjina…et j’en passe. Mais aussi et surtout un clin d’œil de respect à la femme campagnarde. Celle-là qui n’a pas de voix, dans le mutisme absolu et la bravoure exceptionnelle s’emploie à bâtir le foyer. Celle-là, employée aux travaux champêtres, la femme aux mille bras, l’infatigable artisane, la bâtisseuse de la société. A toutes ces femmes qu’elles soient insignifiantes ou enfermées dans le grand anonymat mais qui, sans relâche continuent à lutter pour se libérer, je vous réitère mes hommages. Il serait injuste que je passe sans évoquer l’immense rôle que joue la femme dans la société tchadienne.
Pour Mao Zédond, c’est la jeunesse qui détermine la température du monde, et que le monde tremble lorsque les jeunes ont froid… moi, je pourrais dire que c’est la femme qui marque le genre dans la société, c’est la femme qui définit l’HOMME.

Mes meilleurs vœux du 8 mars 2016 pour la femme tchadienne
Que nos sociétés seront toujours le reflet de ce que nous aimons faire et surtout de ce que les femmes feront elles-mêmes. Toute politique sérieuse ou courageuse qui semble sortir la femme du fond du gouffre est la bienvenue. Le programme actuel entrepris par le gouvernement, je dirais la micro-finance et les fonds destinés en faveur des femmes ne sont pas bien gérés comme dans le sens strict du terme que dans l’ordre prévu. Ils profitent plutôt aux femmes des foyers aisés. Ils sont aussi distribuer par pire affinité et par égoïsme. Les autres sont abandonnées dans leur triste sort et à la merci de toutes les souffrances. L’on soutient aujourd’hui le travail aux services des microcrédits pour professionnaliser l’affaire que de la rendre crédible.

Femmes tchadiennes libérez-vous et soyez libres:  

Il serait judicieux que les hommes laissent les femmes  pousser des études jusqu’au plus haut niveau afin de développer en elles des connaissances approfondies afin d’aider davantage les sociétés. L’homme tchadien qui croit savoir tout, instrumentalise la femme en jouant sur sa vulnérabilité économique et sociale. Au détour d’un programme prétexté la sortir de sa situation précaire mais à des fins inavoués d’en faire des profits. Conscientisez-vous femmes, car c’est vous qui constituez la majorité de la population et c’est vous l’avenir du pays. En vous libérant du joug de ceux qui vous vassalisent cyniquement, vous contribuerez au développement du Tchad. Il n’est pas question alors de chercher la parité ou le quota, il s’agit plutôt de traiter la femme sur la même longueur d’onde que l’homme.  Et je crois que cela est possible, vous le ferez d’abord pour votre bien ainsi que pour le bien de votre pays.

On est conscient !

Au lendemain du viol collectif qu’a subi une jeune lycéenne tchadienne, nommée Zouhoura, tout le Tchad en parle. Violée par les fils des généraux et de hauts responsables appartenant au régime de Deby, publiant ensuite les images humiliantes de ce viol sur les réseaux sociaux, Zouhoura devient une célébrité. Toute personne, ayant visionné la vidéo de son viol, s’indigne au plus haut degré. Les Tchadiens de la diaspora et ceux vivant à l’intérieur se sont indignés et ont vite exprimé leur mécontentement à travers Facebook, tout en publiant des vidéos dans lesquelles ils condamnent ces actes innommables et accusent l’ethnie du président dont les enfants deviennent intouchables. Ce fait a amené le président Deby à réagir pour la première fois sur Facebook.

Livre

Livre

Les élèves et les étudiants de plusieurs villes du Tchad ont manifesté dans les rues, tout en brandissant des pancartes dans lesquelles sont inscrites « Justice pour Zouhoura », « Je suis Zouhoura », etc. Ils font ainsi l’objet de sanglantes répressions policières. Les images qu’ils diffusent sur Facebook dramatisent ces événements qui sont déjà réellement dramatiques. Les étudiants de beaucoup de pays ont apporté leur soutien aux manifestants tchadiens. L’opposition et la société civile condamnent, quant à elles, ces actes barbares et dénoncent le silence de marionnettes observé par les gouvernants. Tout s’enflamme sur Facebook. La connexion Internet est souvent censurée mais cela n’a pas découragé les jeunes indignés qui, dans chaque post, mettent : #Zouhoura.
De ce fait, les écrivains tchadiens, à savoir : Dr Djiddi Ali Sougoudi, Youssouf Terri, Clarisse Nomaye, Nouri, Mahamat Nour Hassaballah, Abakar Djoufoune, Joslain Djéria, Mamadjibeye Nako, accompagnés des auteurs tchadiens en herbe : Adoum Tchoroma Matalama, Rene Mouna, Djamaladine Annour, Christine Haga, Noura Hamid, Mariam Hamid, Abderehim Adoum Choua, Saada Djadid Mahamat, Ibrahim Ellefimi Djarama Kebir, Ahmat Tchoroma Matalama, et des poètes issus de différents pays : Cary Devilseyes, Mamadou Ngom, Moumina, Zara Hervé, Michèle Elfe et Nathalie Mougenot ont uni leurs talents pour condamner le viol commis sur la jeune ZOUHOURA et sur toute autre femme et militer pour que la justice soit lui rendue.
Ainsi, ils ont écrit un livre en trois jours, intitulé « Poèmes pour Zouhoura », un recueil de poèmes de 48 pages, publié aux éditions Plume-Direct en France. Il est à acheter par carte bancaire au prix de 5 euros ou à contacter la page Facebook « Poèmes pour Zouhoura ». Ce bijou poétique est absolument à découvrir. Car, il est fait pour une bonne cause. Il est dédié à Zouhoura, au jeune Abachou qui a insufflé son âme en martyr, pour ne citer que ceux-là.
Il s’ouvre par le poème de Clarisse Nomaye qui est un véritable hymne qui caresse le cœur, puis on trouve respectivement Youssouf Terri et Nouri, l’un s’exprime comme toujours dans de belles rimes et l’autre laissant ses muses errer dans la prose. Gigantesque œuvre qui a fait réunir de grands talents. Ce n’est pas fini. On trouve en feuilletant l’impeccable Dr Djiddi Ali Sougoudi et le poète engagé Mahamat Nour Hassaballah crier à tour de rôle leur mécontentement dans des poésies métaphoriques aux styles tournés. Quand on dit un bijou littéraire, il doit être brillant et extraordinaire. Ainsi, en cours de lecture, on rencontre Mamadou Ngom exprimant sa peur dans un poème succulent et chantant la tristesse de l’âme, puis la page s’ouvre pour le jeune Ahmat Tchoroma qui, au matin de son talent, laissait son cœur plaindre poétiquement, et laissant place aux hymnes de Nathalie Mougenot et Mounina qui, prêtes à se sacrifier pour de bonnes causes, se confient tout bonnement entre les lignes. La lecture est-elle terminée ? Non. Le lecteur a maintenant à faire face à un joli haïku de Zara Arank Hervé qui, en peu de mots, s’exprime longuement et à une prose expressive du poète Joslain Djéria qui dévoile ses craintes et ses douleurs. Mamadjibeye Nako et Noura Hamid qui, l’une dénonce la police et l’autre interpelle la justice à travers leur poésie féministe engagée, accompagne la lecture de cet ouvrage jusqu’à la délectation.
Peut-on ainsi fermer le livre quand on n’a pas encore découvert les grands noms ? On continue à feuilleter. Pour le plaisir des yeux, nous tombons sur des jeunes lycéens au talent convaincant. Il s’agit de Ibrahim Ellefimi Djarama Kebir et Saada Djadid Mahamat qui dans des styles différents expriment leur ras-le-bol. Place maintenant au jeune poète Abderehim Adoum Choua qui, dans une poésie engagée, ne cesse de questionner les violeurs qui n’auront sûrement pas lu le livre. Le beau féminisme s’étale encore entre les lignes par la plume de
Michèle Elfe qui veut voir les violeurs laisser les petites fleurs s’épanouir pour égayer les champs de la vie. Elle sera suivie de l’écrivain prolifique Abakar Djoufoune qui demande justice aux opprimés dans un poème qui tient en haleine.
Le lecteur n’aura point besoin de suspendre la lecture de « Poèmes pour Zouhoura ». Parce qu’il sera ébloui par la poésie de Mariam Hamid qui s’adresse aux fils des officiers supérieurs. Ses rimes laissent toujours la soif de relire son beau poème, puis on tombe sur Christine Haga qui offre un chant poétique dans lequel elle condamne fermement les actes de viol. Ayant à peine chanté avec Christine Haga que le lecteur est appelé à déclamer avec Djamaladine Annour. Il s’agit là d’un bel acrostiche qu’il nous offre et est intitulé « TOUS AVEC ZOUHOURA ». Ce livre semble tirer à sa fin. Mais Adoum Tchoroma Matalama, récent auteur d’une lettre ouverte adressée au président Idriss Deby Itno, surgit avec un doux poème, on dirait d’amour, adressé à Zouhoura. Puis, on lit Rene Mouna dont la plume est imbibée de féminisme et d’engagement planer dans le ciel des beaux mots et enfin comme un cadeau tombé du ciel, Cary Devilseyes nous offre de jolies rimes comme pour nous consoler que le livre se ferme aussitôt alors qu’on a encore besoin de le lire. Tout au long de ce livre, les auteurs ont rendu hommage au jeune héros Abachou, tué par la police.

On est consciens !

Du 5 au 8 octobre 2015, je suis allé à Goré au Tchad dans le cadre d’une activité dénommée « Vis ma vie aux Nations unies ». C’est une mission d’expérimentation qui m’a permis d’observer comment travaille le staff des Nations unies avec les réfugiés et les retournés de la République centrafricaine (RCA).

J’ai admiré le combat qu’ils mènent sur le terrain. Tout ce que je peux raconter de mon séjour à Goré, c’est le rythme, les compétences, le courage et les conditions de vie parfois difficiles dans lesquelles travaillent les agents des Nations unies. J’ai pu discuter avec certains agents qui m’ont dit être heureux dans le travail.

J’ai beaucoup apprécié l’accueil chaleureux qui m’a été réservé par le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) et les échanges avec le personnel.

 Après avoir passé une agréable nuit à la guesthouse du HCR, j’ai été reçu le matin du 6 octobre par le maire de la ville.

1-De gauche à droite Adriana Borra : la chef de la mission « Vis ma vie aux Nations-Unies », Allarassem Guednabé : chargé des affaires humanitaires Sous-Bureau OCHA Goré, Le chef de la DGSSIE, Le Maire de la ville de Goré, Mahamat Nour Hassaballah : le blogueur en mission avec nations-Unies, et Salvator : Chargé de la communication au HCR  Crédit photo/ Adriana Borra

De (g) à (d) Adriana Borra : la chef de la mission « Vis ma vie aux Nations unies », Allarassem Guednabé : chargé des affaires humanitaires sous-bureau OCHA Goré, Le chef de la DGSSIE, Le maire de la ville de Goré, Mahamat Nour Hassaballah : le blogueur en mission et Salvator : chargé de la communication au HCR Crédit photo/ Adriana Borra

Ainsi passent les heures, et je me suis plongé dans la peau du staff des Nations unies en visitant le camp de Dosseye, géré par le HCR et ses partenaires où j’ai rencontré plusieurs personnels  et assisté à la distribution des vivres par le PAM (Programme alimentaire mondial) aux réfugiés. J’ai pris plaisir à donner un coup de pousse aux personnes travaillant à la distribution, en servant quelques bénéficiaires.

2-Ici, je sers du sorgho à une refugiée, l’offre du PAM   Crédit photo/ Adriana Borra

Ici, je sers du soja à une réfugiée, l’offre du PAM Crédit photo/ Adriana Borra

3-Ici, je sers du soja à une bénéficiaire, l’offre du PAM   Crédit photo/ Adriana Borra

Ici, je sers du sorgho à une bénéficiaire, l’offre du PAM Crédit photo/ Adriana Borra

C’est une activité qui nécessite détermination engagement sans faille. J’ai été touché par leur sympathie et leur courage, toujours prêts à servir les réfugiés et rigoler avec moi, curieux de poser certaines questions. Ils me répondent sourire aux lèvres malgré leurs multiples occupations… Une belle leçon de vie qui m’a permis de relativiser beaucoup choses.

Je suis ensuite allé au centre d’enregistrement pour les élections en RCA. Avec l’aide logistique du HCR, les réfugiés volontaires peuvent s’inscrire sur les listes pour les prochaines élections.

4-Enregistrement des refugiés sur la liste électorale  Crédit photo/ Adriana Borra

Enregistrement des réfugiés sur la liste électorale Crédit photo/ Adriana Borra

5-Lors d’une interview avec le chef des opérations des élections   Crédit photo/ Adriana Borra

Lors d’une interview avec le chef des opérations des élections Crédit photo/ Adriana Borra

Le lendemain matin dans le bureau d’OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires), j’ai pris part à la réunion de sous-cluster pour la protection des enfants. Le sous-cluster permet, sous la présidence de l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance) et de leurs partenaires de traiter ensemble les cas des enfants en danger. Les débats portent sur le cas d’enfants travaillant pour une restauratrice dans un camp de retournés et des solutions pour y remédier.

6-	La réunion du sous-cluster   Crédit photo/ Adriana Borra

 A savoir des enfants sans abri sont trouvés dans le camp de réfugiés de Doholo, le suivi d’une prise en charge par l’UNICEF et le sous-cluster sur 3 enfants qui ont perdu leurs mamans à la naissance.

 A l’issue de cette réunion, j’ai eu le privilège de me rendre sur le site des retournés de Danamadja où j’ai assisté à une réunion des bailleurs venus voir les projets sur le terrain.

7-Dans cette tente, se tient la réunion des bailleurs. Sur le site des retournés de Danamadja   Crédit photo/ Adriana Borra

Dans cette tente, se tient la réunion des bailleurs. Sur le site des retournés de Danamadja Crédit photo/ Adriana Borra

8-Photo de famille après la réunion des bailleurs   Crédit photo/ Adriana Borra

8- Photo de famille après la réunion des bailleurs
Crédit photo/ Adriana Borra

J’ai pu rendre visite à une fillette d’environ 4 mois (de nom Zara) qui a perdu sa maman alors qu’elle arrivait au monde. Avec 2 autres enfants, elle est prise en charge par l’UNICEF et ses partenaires.

L’orpheline Zara et sa gardienne   Crédit photo/ Adriana Borra

L’orpheline Zara et sa gardienne Crédit photo/ Adriana Borra

J’ai également eu la chance de passer un petit moment avec les enfants de l’ESPACE AMI DES ENFANTS, aussi à la charge de l’UNICEF.

Je suis allé à la rencontre de plusieurs agences à savoir le HCR, le PAM, l’OCHA, l’UNICEF… et j’ai participé à de nombreuses activités. J’ai eu l’occasion d’acquérir une expérience inoubliable grâce à l’accueil et aux compétences du personnel local, international et des ONG.

Ces trois jours de mission ont été pour moi, magiques, intenses, exceptionnels, riches et hors du temps.

Tous ces moments merveilleux, je les ai partagés avec un personnel solidaire, courageux qui se bat pour améliorer le quotidien de femmes et d’ hommes en détresse.

On est conscient !

Ce midi, la circulation est dense. La police locale tchadienne procède au contrôle d’identité et à celui d’éventuelles armes. Les arrêtés d’un instant qui s’éternise se montrent furax et furibonds. J’étais l’un de ces arrêtés. J’ai conservé mon calme dans ce moment exécrable. Deux policiers se présentent devant moi. Replet, les yeux globuleux, le premier policier me fouille à la hussarde et j’ai l’horrible sentiment d’être pris pour un commerçant de drogue. Le second, un peu plus gentil, me demande de présenter mes pièces d’identité. Je sors ma carte d’artiste et lui précise :

Source/Photo: NOURI

Source/Photo: NOURI

  • Je suis un poète.
  • Un poète ? s’étonne-t-il, puis il jette un coup d’œil furtif sur ma carte.
  • Oui, répondis-je en hochant la tête.
  • Ah bon ! S’exclama-t-il.
  • Oui, dis-je, tu sais ? A l’époque, le président Senghor faisait lire la poésie aux policiers. Il leur a inculqué le goût de la lecture de la poésie. Cependant, ils n’étaient pas violents. Car, la poésie ne rime pas avec la violence. Aujourd’hui, quand un policier arrête un poète en circulation au Sénégal, c’est juste pour lui demander un recueil de poèmes.
  • C’est bien ça, me dit-il d’un ton calme, j’aime les artistes, mais je ne lis pas.
  • Tu dois lire. Victor Hugo a dit «  Lire c’est boire et manger à la fois. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas », tu vois ?
  • Oui, c’est important me dit-il.
  • Merci, lui dis-je, ce sont les artistes qui font avancer une nation, et non les députés.

Il m’a aussitôt remis ma carte et j’ai pris mes cliques et mes claques. J’aimerais l’inviter autour d’une table et essayer de concilier avec lui POESIE et POLICE. Hélas, on ne se connaît pas. Il est important que tout le monde lise. Que tu sois policier ou artiste, ton arme la plus salvatrice doit être la lecture, et non le pistolet qu’on t’a mis entre les mains. Partout dans le monde, la police est l’origine de violences. Pourquoi les policiers américains tirent à leur guise sur les Noirs ? Pourquoi les policiers tchadiens tuent à gogo les étudiants qui ont simplement manifesté leur colère ou exprimé leurs doléances ? Les clichés sont nombreux. Je crois avoir parlé de ce phénomène avec mon ami Youssouf Terri.

Enfin, il faudrait qu’on fasse la promotion de la lecture dans tous les domaines, cela apportera sans doute des fruits succulents que le Tchad dégustera avec une extrême avidité. Rappelons que la première sourate du Coran est Ikra « ikra » qui signifie LIS. On peut y trouver ALLAH’ZI ALLAMA BEL KHALAM « Dieu a enseigné par la plume ». Alors, la lecture est un acte sacré, citoyen et édifiant qui contribue efficacement au devenir d’une nation, parce qu’elle fait partie de la culture. Regardons aujourd’hui la Chine, l’Inde, le Japon ou encore la Grèce. Ces nations ne se sont pas construites par l’argent du pétrole, mais grâce à leur culture. Et nous, on a toujours un œil posé sur le pétrole, on oublie donc la culture. Ainsi, nous resterons toujours « un pays pétrolier, un peuple misérable » qui, pour se nourrir, mettra sa dignité dans la boue. On vole, on corrompt et on est content. Nous vivons dans la bassesse en laissant le pays aller mal. Tchadiennes et Tchadiens, valorisez notre culture, debout et à l’ouvrage pour enfin donner à notre nation ses lettres de noblesse.

Il est environ 9 heures et 15 minutes, le soleil brûle et la température ne fait pas moins de 30 degrés. Enfermé dans ma chambre, dans un quartier reculé de la capitale, j’écris une lettre à un ami.  Les cris de marmaille d’une chambre voisine m’agacent. Brusquement, j’entends une grande explosion, comme le bruit d’un pneu qui explose. Cela ne m’inquiète pas. Je continue à rédiger mon message. Vingt minutes plus tard, une seconde explosion plus forte que la première met un terme à mon travail. Cette fois-ci, j’ai l’impression que c’est un coup de canon d’investiture présidentielle. Mon téléphone sonne. Mon grand frère veut s’assurer que toute la famille va bien. Il m’apprend que des attentats terroristes ont ciblé deux locaux de la police (le commissariat central et l’école de police).

Au fait, le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est ‘‘Boko Haram’’. Je me demande si le Tchad est train de payer après les interventions contre les terroristes, au Mali et au Cameroun. En tout cas, cette opération est la première du genre au Tchad.

On compte une vingtaine de morts et plus de 100 blessés. Cela prouve la présence des terroristes sur le sol tchadien. Mais d’après les dires du gouvernement, j’ai cru que les forces de l’ordre ne baisseront pas les bras face à des actes barbares, elles devront au contraire doubler d’efforts pour déjouer toutes opérations terroristes. Cette triste journée a ainsi laissé de tristes images…

Credit/photo NOURI

Credit/photo NOURI

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Credit photo/NOURI

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On est conscient

Un mois tant attendu par les fidèles musulmans en raison de nombreuses bénédictions qu’il présente, puisque c’est un moment des bienfaits, d’adoration, des invocations, de partage, du pardon, du repentir… c’est aussi un mois sacré pour toutes celles et tous ceux qui s’abstiennent de manger, de boire, de fumer… de l’aube jusqu’au coucher du soleil. L’occasion pour les fidèles de multiplier les bonnes actions, satisfaire les besoins des pauvres.

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Cette année, au Tchad, le ramadan s’annonce avec terreur notamment les attentats du 15 juin dernier qui ont traumatisé les populations. Mais ce n’est pas tout, le ramadan rime depuis quelques années avec la hausse des prix vertigineuses des denrées de première nécessité à savoir le riz, l’huile, le sucre, la viande, le poisson, la farine, le bois de chauffe, etc. et les consommateurs sont contraints d’accepter de se procurer les produits dans cette condition tarifaire.

Pour les commerçants véreux, le ramadan est un mois de profit, de gain facile, de bénéfice, des surenchères, des surtaxes… Pourtant ces mauvais comportements dont on qualifie d’ignobles et inhumains n’ont toujours pas empêché le consommateur tchadien de préparer vachement son ramadan et se bousculer dans d’interminables files d’attente, aux marchés, devant les boulangeries, les boucheries et autres caisses des ventes. Les prix des denrées sont passés du simple au double voire le triple.

Mes chers frères en Islam, il est nécessaire de privilégier les initiatives à l’égard des nécessiteux, telles que nourrir des jeûneurs, récolter puis distribuer la zakât al-fitr, et bien d’autres. Ce mois est l’occasion d’un nouveau départ pour chacun de nous, une aubaine pour adopter des nouvelles et meilleures habitudes, afin d’affronter ce mois sacré dans les meilleures conditions.

On est conscient

Autrefois au Tchad, on trouve des femmes au teint naturel, brunes, noires, café au lait qui font la fierté du pays. Mais aujourd’hui avec l’avènement des produits cosmétiques tels que: immédiat clair, 48 heures, 72 heures et j’en passe mais aussi et surtout la propagation des médias audiovisuels, partout où on passe dans le pays on voit les femmes et particulièrement les jeunes filles artificiellement blanches. La dépigmentation, un mode qui bat son plein dans la société tchadienne.

Source: Flickr

Source: Flickr

Pour ressembler leurs idoles, elles se lancent aveuglement dans la pratique de la dépigmentation de peau tout en ignorant les maladies liées à cet acte. Toute blanche, peau à deux tons, la majorité des femmes tchadiennes n’acceptent plus être des femmes naturellement noires. Elles optent pour le changement de la couleur de leur peau de manière artificielle, la dépigmentation ou appelée à la tchadienne (beauté made in china), pour la simple raison de devenir une femme au teint clair. Malgré les problèmes de santé qu’elle cause, la dépigmentation continue de séduire les femmes tchadiennes qui bénéficient parfois de soutien de leurs copains ou leurs maris. Cette expérience néfaste touche de nos jours les femmes de tout âge et le phénomène évolue avec son lot des conséquences les unes aussi désastreuses que les autres. Certaines femmes justifient leur choix en disant que le teint clair a une valeur qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs, d’autres quant à elles disent simplement que le teint clair attire beaucoup plus les hommes mais aussi avoir le teint clair c’est aussi être à la mode. Dans tous les cas, la dépigmentation reste un phénomène de société difficile à extirper du subconscient. Moi, je ne vous apprends rien disant cela mais en tant que citoyen et frère informé des conséquences liées à cette pratique dangereuse, je vous demande d’abandonner cet esprit d’infériorité et d’être fières de votre couleur. D’ailleurs, je me demande à quoi bon de changer sa couleur tout en sachant que c’est un danger ?
Selon la médecine
La dépigmentation de la peau provoque des troubles parfois irréversibles de l’épiderme mais aussi, selon certaines observations obstétriques, de problèmes gynécologiques et de grossesse. Pourtant, de nombreuses femmes africaines ont recours aux produits éclaircissants. Médecins, institutions et associations ne cessent de sonner l’alarme.
On est conscient

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Crédit :  FlickrCC/Jbdodane

Pays producteur du pétrole, le Tchad figure au 4e rang des pays les moins développés. Gangrené par la pauvreté et traumatisé par la guerre, il vient d’être classé après une étude faite par l’OMS, premier pays consommateur d’alcool à travers la planète, en décembre dernier. Les jeunes n’ont que très peu de chance à trouver un emploi à la fin de leurs études. Beaucoup d’entre eux s’adonnent alors à l’alcool. Dans ce pays de 12 millions d’habitants, l’alcoolisme constitue un véritable fléau et n’épargne personne, il touche les hommes, les femmes ainsi que les enfants dès le bas âge. Le buveur tchadien n’engloutit pas moins de 30 litres d’alcool pur par an.

L’alcool est accessible à tous ici chez moi, le Tchad, et fait presque partie de notre coutume, on le trouve un peu partout aussi bien dans les lieux publics que privés et à des prix abordables. Nos sociétés sont très souvent tolérantes face à ce genre de libation, des actes blâmables mêmes sont pardonnés.

La consommation d’alcool atteint un point si alarmant que bon nombre de personnes souffrent de troubles psychologiques importants. Qui plus est, lorsque le sujet est sous l’emprise de l’alcool, il présente des troubles de comportement. Il n’arrive plus çà se contrôler et dérange son entourage.

Ce qui est étonnant dans cette histoire d’alcool, c’est que l’on se distrait parfois sous des paillotes, dans des cabanes destinées pour la distillation d’alcool des céréales. Comme des fourneaux, noircis par la fumée permanente, ces lieux appelés « cabarets », situés dans quelques quartiers de Ndjamena, constituent un eldorado pour beaucoup de personnes. Diverses catégories : ouvriers journaliers, jeunes désœuvrés et même certains fonctionnaires d’Etat insuffisamment rémunérés s’y retrouvent. Chacun tient entre les mains une calebasse remplie d’argui, condrong, bili-bili, cochate, autant d’alcools traditionnels, de boissons fermentées. Dans ces soirées, tous les  thèmes sont débattus dans une ambiance très alcoolisée. Assez souvent une bataille mettra ensuite un point final au débat de ceux qui ne savent pas trouver un compromis sur un sujet. Tenus par des vieilles femmes qui cherchent à gagner leur vie, ces lieux sont souvent fréquentés par des personnes désespérées ou issues d’un milieu défavorisé.

Pour le Tchadien que je suis, je recommande aux dirigeants de prendre de mesures drastiques contre la consommation excessive d’alcool, car elle ne fait qu’exagérer la situation sociale déjà déplorable. Je pense que pour bâtir une vraie société développée, la lutte contre l’alcoolisme doit être menée activement par toutes les classes et de façon comme celle contre la drogue entreprise dans beaucoup des Etats.

Laissons  tomber les bouteilles et assumons  nos responsabilités.

On est conscient.

Le collectif wenaklabs, une initiative qui est née en avril 2014. Il regroupe plusieurs jeunes des différents horizons et avec des profils variés. Mais qui ont une passion pour les TIC. Une communauté qui accouche des projets et jour après jour nait JerryClan Tchad, un projet qui vise à redonner une seconde vie aux ordinateurs usagés. C’est un objectif qui tend à démocratiser le savoir, et aussi un espace d’échange et de partage, mis sur pied aux réalités africaines pour faciliter la transmission d’un savoir libre.

Un jerry déjà opérationnel. Il ne reste qu’à branché un écran.

JERRY

A présent le jerry tourne sur un système libre.

Un JERRY: ces sont ceux jerry qui nous ont permis d’implanter ce cyberespace à l’IFT

En Afrique et au Tchad en particulier le cybercafé reste la voie royale pour accéder à l’internet. D’habitude les Cybercafés sont des lieux publics dans lesquels on propose aux passionnés d’internet des divers services. Mais malheureusement au Tchad, ces lieux, souvent fréquentés par les jeunes sont rares et considérés comme des perles difficiles à trouver. Chose inimaginable quand on sait qu’avec le monde des TIC, le monde est devenu un tout petit village. Au fait, cette rareté s’explique tout d’abord par l’analphabétisme chronique de la population qui est estimée aujourd’hui à plus de 80%, le manque d’énergie électrique permettant le développement des TIC mais aussi le prix exorbitant pour le peu qui existent. Tous ces handicaps freinent l’émergence de ces endroits et qui font que les Cybercafés soient de plus en plus des véritables machines d’arnaques. Sinon comment imaginer qu’il faut absolument payer plus de 500fcfa pour avoir accès seulement à une heure de connexion?

Alors, c’est pourquoi, wenaklabs a décidé de lancer un projet de cyberespace qui vient d’être inaugurer ce 1er avril à l’IFT, à l’occasion d’une cérémonie marquant la fin de la semaine de la Francophonie. Un cybercafé avec des ordinateurs fabriqués à partir des matériels recyclés (appelés JERRY) et qui se veut un tiers-lieu, open source. Avec ces jerry, l’on pour objectif d’épauler des démarches innovantes et toutes actions qui entrent dans le du TIC.

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Au Tchad, le port du casque redevient une obligation pour les motocyclistes. Cette mesure drastique entrée en vigueur le 1er mars ne fait pas l’unanimité de tous les citoyens et particulièrement des élèves. Elle est la Une de tous les médias locaux. En effet, cette mesure a été prise les années précédentes par le ministère de la Sécurité publique puis abandonnée en raison de l’insécurité grandissante. Mais la réactivation de cette décision est mal vue par la population.

Les élèves qui utilisent cet engin ont boycotté cette mesure musclée venant du gouvernement et affiché leur colère par une série de manifestations. Depuis la prise de cette décision, les casques ont doublé, voire triplé de prix : 7 500F, 10 000F, et 15 000F au lieu de 2 000F et 5 000F, témoigne un élève. Ces derniers jours, les élèves ont séché les cours et sont massivement descendus dans les rues de la capitale pour dire non à cette décision gouvernementale. Ils arrachent et détruisent les casques que les motocyclistes ont accepté de porter.

La police qui est chargée de mener cette opération visant à arrêter et amender toute personne circulant sans casque s’est heurtée à une contestation radicale des élèves. Pour le Ndjamenois que je suis, c’est une véritable chasse à l’homme que l’on observe depuis le début de ce mois, car la police fait des élèves sa proie. Elle les traque de lycée en lycée. C’est ainsi que certains grands établissements ont décidé de fermer leur porte jusqu’à nouvel ordre. Et même si le port du casque doit être la priorité de tous les motocyclistes, c’est une question de sécurité et non une obligation. L’attitude brutale des forces de l’ordre (la police, la gendarmerie et tout autre corps qui a pris part à cette opération) réduit les citoyens à rien.

Je me demande pourquoi le gouvernement exige le port du casque, alors qu’il y a quelques années, le même gouvernement l’avait formellement interdit ? Prendre une telle décision à mon avis implique aussi qu’il faut empêcher l’entrée des stupéfiants au Tchad, traquer les grands bandits dits « coupeurs de route », arrêter les auteurs de la corruption et voleurs des biens de l’Etat.

Le 9 mars a été une journée très chaude. Les élèves du grand lycée Félix Eboué de Ndjamena se sont insurgés contre la répression policière. Ils ont semé la terreur, brûlant des pneus sur la voie publique. Les forces de l’ordre n’ont pas hésité à s’introduire à l’université de Ndjamena. Elles ont lancé des gaz lacrymogènes jusque dans les bureaux administratifs ce qui a augmenté la tension. Bilan : un étudiant mort, de nombreux blessés, une série d’arrestations, et on parle même de policiers tués, ainsi qu’un bus de transport d’étudiants brûlé…

Vingt-quatre après, j’ai été témoin d’un accident à Diguel Dinguessou, banlieue de la capitale. Occupant tous les ronds-points de la ville depuis quelques jours, la police a perdu des hommes ce jour-là. Pourchassant un motocycliste sans casque, le véhicule de la police a fait un tonneau après avoir été dribblé par le motocycliste, trois morts sur le champ.