Tchad : consommation abusive d’alcool

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11 mai 2015

Tchad : consommation abusive d’alcool

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Crédit :  FlickrCC/Jbdodane

Pays producteur du pétrole, le Tchad figure au 4e rang des pays les moins développés. Gangrené par la pauvreté et traumatisé par la guerre, il vient d’être classé après une étude faite par l’OMS, premier pays consommateur d’alcool à travers la planète, en décembre dernier. Les jeunes n’ont que très peu de chance à trouver un emploi à la fin de leurs études. Beaucoup d’entre eux s’adonnent alors à l’alcool. Dans ce pays de 12 millions d’habitants, l’alcoolisme constitue un véritable fléau et n’épargne personne, il touche les hommes, les femmes ainsi que les enfants dès le bas âge. Le buveur tchadien n’engloutit pas moins de 30 litres d’alcool pur par an.

L’alcool est accessible à tous ici chez moi, le Tchad, et fait presque partie de notre coutume, on le trouve un peu partout aussi bien dans les lieux publics que privés et à des prix abordables. Nos sociétés sont très souvent tolérantes face à ce genre de libation, des actes blâmables mêmes sont pardonnés.

La consommation d’alcool atteint un point si alarmant que bon nombre de personnes souffrent de troubles psychologiques importants. Qui plus est, lorsque le sujet est sous l’emprise de l’alcool, il présente des troubles de comportement. Il n’arrive plus çà se contrôler et dérange son entourage.

Ce qui est étonnant dans cette histoire d’alcool, c’est que l’on se distrait parfois sous des paillotes, dans des cabanes destinées pour la distillation d’alcool des céréales. Comme des fourneaux, noircis par la fumée permanente, ces lieux appelés « cabarets », situés dans quelques quartiers de Ndjamena, constituent un eldorado pour beaucoup de personnes. Diverses catégories : ouvriers journaliers, jeunes désœuvrés et même certains fonctionnaires d’Etat insuffisamment rémunérés s’y retrouvent. Chacun tient entre les mains une calebasse remplie d’argui, condrong, bili-bili, cochate, autant d’alcools traditionnels, de boissons fermentées. Dans ces soirées, tous les  thèmes sont débattus dans une ambiance très alcoolisée. Assez souvent une bataille mettra ensuite un point final au débat de ceux qui ne savent pas trouver un compromis sur un sujet. Tenus par des vieilles femmes qui cherchent à gagner leur vie, ces lieux sont souvent fréquentés par des personnes désespérées ou issues d’un milieu défavorisé.

Pour le Tchadien que je suis, je recommande aux dirigeants de prendre de mesures drastiques contre la consommation excessive d’alcool, car elle ne fait qu’exagérer la situation sociale déjà déplorable. Je pense que pour bâtir une vraie société développée, la lutte contre l’alcoolisme doit être menée activement par toutes les classes et de façon comme celle contre la drogue entreprise dans beaucoup des Etats.

Laissons  tomber les bouteilles et assumons  nos responsabilités.

On est conscient.

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Commentaires

Aboudramane koné
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les mêmes arguments tous les jours.Quand eineken est sponsor de la league des champion qu'attend t'on?Gbès est mieux que dra

Albert KAMDEM
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oui, mon frère, l'alcoolisme est un grand mal qui gangrènent nos sociétés. je me demande comment un fonctionnaire peut être rentable professionnellement.